Prendre l’avion en situation de handicap: toute une aventure… mais pas impossible !

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avion handicap

C’est en 2019 que nous avons envisagé de voyager en transport aérien avec nos enfants. Nous avons tenté l’aventure du voyage à l’étranger (une 1ère pour eux), hors UE mais avec une durée de vol raisonnable et sans escale : destination la Tunisie!

Seulement, difficile de se projeter et de s’organiser quand c’est la 1ère fois que l’on prend l’avion avec un enfant en situation de handicap moteur.

Avion et handicap : Avant le départ

Une fois les billets d’avion achetés et l’hôtel réservé à Hammamet, il a fallu sélectionner et préparer le matériel nécessaire à ce séjour.

Pour cette 1ère expérience, nous ne sommes partis que 3 jours. A noter que nous prévoyions de voyager avec un fauteuil manuel et un Minotor (moteur et batterie permettant l’assistance électrique d’un fauteuil manuel).

Pour les voyageurs avec un fauteuil roulant électrique (FRE), ou plus encombrant, il est conseillé de contacter la compagnie aérienne avant de valider l’achat des billets afin de s’assurer que le vol permet l’embarquement du matériel ou du FRE. Les compagnies n’aiment pas les grosses batteries pour des raisons de sécurité.

Notre aéroport de départ était Nantes Atlantique. Il y est proposé un service d’assistance pour les personnes à mobilité réduite.

Attention, inutile de contacter directement l’aéroport pour bénéficier de ce service. C’est auprès de la compagnie aérienne (ou de l’agence de voyage le cas échéant) qu’il faut s’adresser au moins 48 heures avant le départ du vol, mais le plus tôt étant le mieux. C’est la compagnie qui transmettra la demande à l’aéroport.

Nous avons donc pu bénéficier de ce service à l’aéroport.

https://www.nantes.aeroport.fr/fr/accessibilite/personne-mobilite-reduite

Ce qui n’a pas été simple, c’est que ce service ne s’active qu’une fois que nous sommes enregistrés auprès du guichet de la compagnie aérienne. Concrètement pour nous, cela signifie que nous ne pouvons pas bénéficier d’un fauteuil roulant de prêt avant cette étape.

Ce qui nous a obligés à emballer et protéger notre fauteuil dans les files d’attente, et du coup pas aussi bien que je ne l’aurais souhaité pour supporter le voyage en soute, les transferts sur tapis…

Cependant, le site de l’aéroport de Nantes indique que depuis 2023, le passager détenteur d’une Carte Mobilité Inclusion (CMI) peut demander un accompagnement au départ et à l’arrivée, depuis les parkings de proximité, taxis ou transports en commun. Il est donc ainsi possible d’anticiper l’emballage optimal de son fauteuil personnel avant l’arrivée à l’aéroport. Cela permet de partir plus serein.

Arrivée à l’aéroport

Il est conseillé de se renseigner sur les zones de parking dédiées aux porteurs de la CMI. La distance à parcourir peut être vraiment importante selon le parking choisi ou disponible.

Nous sommes arrivés au moins 2 heures avant le vol et nous nous sommes présentés au guichet de notre compagnie aérienne Nouvelair.

Une fois, l’enregistrement effectué pour les bagages de la famille au comptoir de la compagnie aérienne, nous avons pu bénéficier d’un accompagnement avec un personnel de l’aéroport.

Mon fils et moi avons donc été accompagnés sur un circuit différent des autres passagers, laissant mon mari et ma fille accéder à la salle d’embarquement avec les autres passagers.

Avion et handicap : Les bagages

Notre fils voyageait donc avec un fauteuil manuel, mais nous avions également prévu un Minotor afin qu’il garde un peu d’autonomie dans ses déplacements une fois à destination.

Les bagages de notre fils ont été enregistrés dans une zone dédiée au transport de matériel particulier. Nous n’avons pas connaissance d’un maximum de poids, mais le bagage contenait le moteur du Minotor et du matériel léger d’hygiène, donc largement moins de 20 kg.

J’avais prévu une grande valise rigide (je n’avais pas trouvé de caisse de transport aux bonnes dimensions) pour faire voyager le Minotor SANS sa batterie. En effet, cette dernière doit voyager en cabine.

J’avais imprimé en plusieurs langues, afin de parer à toute situation, le certificat du fabricant Benoit Systèmes précisant les caractéristiques de la batterie pour le transport aérien.

J’avais également collé sur le bagage de notre fils des indications sur le contenu type “Matériel pour enfant en situation de handicap: FRAGILE” en français, en anglais et en arabe. Nous venions juste d’acquérir le Minotor et aurions été très peinés qu’il ne subisse des dommages en cours de vol ou à l’aéroport, et qu’ainsi, l’autonomie de notre fils ne soit altérée.

A noter qu’il est possible de faire une déclaration spéciale d’intérêt si on veut garantir une indemnisation supérieure à ce que prévoit la convention de Montréal:

http://www.qualitetransports.gouv.fr/les-conventions-internationales-r151.html

http://www.qualitetransports.gouv.fr/qu-est-ce-qu-une-declaration-speciale-d-interet-a62.html

La montée dans l’avion

Après les différents passages de sécurité, l’accès à l’avion peut se faire par la passerelle aéroportuaire directement entre la salle d’embarquement et l’avion.

Pour nous, cela a été fait grâce à une plateforme élévatrice type « ambulift » dans laquelle mon fils était placé sur un fauteuil de transfert étroit permettant son passage dans la cabine de l’avion.

Nous étions les premiers à embarquer. Notre fils étant encore petit (7 ans 1/2), le transfert était assez aisé. Le personnel ne nous a pas imposé un placement soit côté allée soit côté hublot.

Il n’y a plus qu’à profiter du vol, de la vue et se reposer avant l’atterrissage.

Ouf, le plus dur semblait être fait!

L’arrivée à Hammamet

La prise en charge à l’aéroport d’arrivée n’était clairement pas aussi bien rodée qu’à Nantes.

La descente de l’avion s’est faite via un ambulift. Un personnel nous était dédié pour nous conduire de l’avion à la salle des bagages, mais aucun fauteuil roulant ne nous a été mis à disposition pour effectuer ce trajet. Nous ne pouvions récupérer celui de notre fils qu’une fois dans la salle de réception des bagages, comme pour tous les autres passagers.

Notre fils n’étant pas encore trop lourd, et pour ne pas “faire d’histoire”, mon mari l’a porté sur plusieurs couloirs. Mais après plusieurs centaines de mètre ainsi, nous avons du insister pour avoir un fauteuil roulant. Cela a pris du temps mais nous avons pu en avoir un… jusqu’à la porte de la salle de réception des bagages, et uniquement jusqu’à la porte. Ce qui signifie que nous devions à nouveau porter notre fils pour aller jusqu’au tapis de distribution des bagages : hallucinant !

Une fois nos bagages et le fauteuil récupérés (sans dommages: ouf!), nous avons pu profiter de notre séjour en Tunisie.

Le retour en France: l’embarquement à Tunis

Cela n’a, non plus, pas été aussi simple qu’en France. Nous sommes arrivés les 1ers à l’enregistrement, mais n’avons pu être enregistrés que les derniers. La situation d‘un voyageur en situation de handicap moteur est très compliquée à l’aéroport de Tunis.

La plus grande difficulté que nous avons rencontrée a été l’enregistrement du Minotor et surtout l’accord pour embarquer la batterie malgré les certificats en anglais et en arabe que j’avais sur moi, et qui n’avaient posé aucun problème lors de l’aller (et pourtant, avec la même compagnie aérienne Nouvelair).

Conclusion

Nous ne sommes pas déçus d’avoir tenté l’aventure du voyage en avion avec nos enfants. Cela reste un excellent souvenir malgré les difficultés engendrées par la situation de notre fils.

Nous avons appris de cette expérience et saurons mieux désormais organiser ce type de voyage. Ces 3 jours avaient justement pour but de tester ce type de transport avant de projeter de plus longs voyages en avion.

Pour notre prochain voyage, maintenant que notre fils est plus grand et plus lourd, nous envisageons de nous équiper d’une sangle de transfert, un peu comme celle que l’on peut retrouver sur un lève-personne, et qui pourrait nous être utile non seulement pour les transferts dans l’avion, mais également dans d’autres moments de la vie quotidienne.

Ce que je retiens surtout, c’est qu’une des garanties de succès de ce type de voyage et d’anticiper au maximum et de restez zen face à la mauvaise volonté de certains de nos interlocuteurs (heureusement rares!) mais surtout au manque de formation de certains personnels.

Heureusement, nous faisons aussi de belles rencontres !

Bon vols!

Liens utiles:

document de référence du droit européen et français pour le transport aérien des personnes à mobilité réduite:

https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX%3A32006R1107

Vidéo Air France pour les voyageurs en situation de handicap:

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